063__2_Il y a un an, nous quittions la Tunisie qui nous paraissait totalement anesthésiée  par  le poids de la dictature imposée par le président Ben Ali. Quelques semaines après, nous suivions avec intérêt, espoir et une immense joie les évènements qui ont conduit le président à fuir le pays. J’ajouterais avec également un peu de dépit de ne plus être sur place pour vivre ce renouveau en direct.

La maturité dont ont fait preuve les tunisiens dans la conduite de la révolution  semblait être un exemple à suivre et les voix de la démocratie pouvaient enfin s’exprimer librement.

Un an après, à la veille des premières élections libres, je suis inquiète. Les récents évènements autour de la diffusion du film de Marjane Satrapi, Persépolis, ont révélé les vrais dangers pour le pays.

Tunisiens, fiers de la laïcité de votre pays et de sa tolérance envers les autres religions, ne vous laissez pas enfermés dans une autre dictature aussi grave que la précédente.  Vous avez gagné votre liberté, ne la perdez pas au profit d’illuminés qui feraient demain régresser le pays le plus dynamique de cette partie du globe. Tunisiennes, mes sœurs, que j’ai vu souvent en tête des manifestations, cheveux au vent, continuez à vous battre pour votre indépendance et votre égalité.