Si vous désirez vous immerger complètement dans la Tunis traditionnelle, allez faire un tour dans le quartier d’Halfaouine, qu'aucun tour opérator n'a jamis inscrit dans son circuit, mais qui vous offrira une vision de la réalité tunisienne.

Ce quartier se situe au nord de la médina et le plus simple pour s’y rendre est de demander à un taxi de vous déposer place Bab Souika. Là, il vous suffit de prendre la rue Halfaouine pour se retrouver dans une autre époque. Ici rien n’a changé. Un marché s’y tient tous les jours. Ce n’est pas là que j’achèterais ma viande, même si cela m’amuse de voir les bouchers préparer les merguez avec d’antiques machines, ni mon poisson d’ailleurs, mais les fruits et légumes sont exceptionnels et beaucoup moins chers qu’au marché central.

Au bout de cette rue, un marchand de gâteaux….débordant de miel et autant appréciés des mouches que des gourmands, mais si bons.

Votre promenade dans la rue se fait donc, vous l’aurez compris au milieu des effluves diverses, viande, poisson, sucre, menthe par brassées à la saison, olives, friture, parfums capiteux...l’odeur de Tunis, si particulière.

Un peu plus haut, vous débouchez sur la place, fermée sur un côté par la mosquée. De manière étonnante et unique dans le pays,  celle-ci se compose d’un ensemble comprenant un hammam, un tombeau, une école coranique et un souk avec de multiples étals de fripiers. Devant, des marchands qui vous proposent 2 kg d’oranges ou encore dans une cage, un poulet qui cohabite avec 3 tortues !

Si vous vous vous engagez dans le petit souk qui s’ouvre sur la place, vous rencontrerez tout un monde de brocanteurs et de vendeurs d’objets de récupération.

Pour retourner vers le centre de Tunis, vous pouvez entrer dans la médina, mais également parcourir les petites ruelles qui vous conduiront vers Bab El Kadrha. C’est dans ces petites venelles où les gamins jouent en permanence au ballon que j’ai trouvé de multiples échoppes d’écrivains publics qui aident les habitants à rédiger des lettres, passer des annonces…

Ici, mas un seul touriste, ni un seul expat d’ailleurs. Peu d’entre eux ont osé aller s’aventurer dans ce quartier. Lorsque je me promène, je suis souvent la seule étrangère. Mais je m’y sens, comme partout à Tunis, en parfaite sécurité.

C’est en écrivant cette page que je me rends compte que je n’ai jamais pris aucune photo de ce quartier. Peut-être parce que j’ai le sentiment que cela serait du voyeurisme et que je préfère, même si c’est difficile pour une fille rousse, essayer de me fondre dans la masse en respectant la population de ce secteur si attachant.