118Kairouan est sans conteste la ville de Tunisie que je préfère. Considérée comme la quatrième ville sainte de l’Islam, elle a su garder un caractère authentique.

La route de Kairouan  traverse une plaine de plus en plus en plus aride au fur et à mesure qu’on s’avance vers la ville. Et puis tout à coup, au fond de l’horizon se dessine, cerné par une brume due à la chaleur et à la poussière, l’extraordinaire minaret de la Grande Mosquée.

Les quartiers périphériques sont ceux de toutes les villes de Tunisie, mélange d’habitations neuves inachevées et de vielles bâtisses plus ou moins en ruines, avec au rez- de-chaussée des échoppes et ateliers de mécaniques en tous genres.

Et puis, on arrive à la médina, cernée pas ses remparts aux portes imposantes et on entre dans un autre monde. Un monde qui a su se protéger du mercantilisme. A l’exception des magasins de la rue principale, on peut se promener tranquillement sans tomber sur une seule boutique, si ce n’est des ateliers de tissage dont les propriétaires ne viennent pas vous racoler avec instance.

On dit que la ville compte plus de 100 mosquées. Il faut y être au moment de l’appel à la prière lorsque les chants des  muezzins semblent se répondrent au dessus des toits. C’est particulièrement extraordinaire au moment de la prière du soir, lorsque la nuit commence à tomber.

Les rues ou ruelles qui mènent à la grande Mosquée sont bordées de maisons aux portes ouvragées. Et soudain, on arrive devant la merveille de la ville. Là encore, un mur d’enceinte imposant, qui rend d’autant plus magique l’entrée dans la cour immense bordée d’arcades et inondée de soleil.

Les piliers qui soutiennent l’édifice sont en grande partie de l’époque romaine et ont été « récupérés » dans les ruines de Carthage puis transportés à Kairouan. Résultat, il est difficile d’en trouver deux identiques côte à côte, mais aussi  étrange que cela puisse paraître, ça ne nuit en rien à la majesté de l’ensemble. Petite touche pleine d’humour, deux pierres romaines gravées ont été placées au bas du minaret, mais….positionnées à l’envers, les bâtisseurs ne sachant pas lire l’écriture latine.

Bien qu’on ne puisse pas pénétrer dans la grande salle de prière, la porte en est toujours ouverte et permet d’en admirer l’intérieur.

Après une promenade paisible, vos pas vous ramènent vers la rue principale de la médina et là, il ne faut pas faire l’impasse sur un arrêt à la pâtisserie Segni. Celle-ci vous propose  entre autres gâteaux et sucreries les fameux makhrouds (semoule de blé malaxée avec du miel puis fourrée aux dattes ou aux amendes et ensuite frite...) dans un décor des mille et une nuits.