Commençons par le commencement. La ville de Tunis.

Une ville aux multiples facettes.

Elle se veut à la fois moderne et traditionnelle, européenne et arabe selon la manière dont on l’aborde et dans quels quartiers on se ballade.

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Tout d’abord, la ville qui fait la fierté des tunisiens, la ville moderne. Elle a commencé à se construire au moment du protectorat français mais également à la même époque avec une présence italienne très forte. Depuis les immeubles neufs n’ont cessé de pousser comme des champignons. Ceux des années Art déco ne sont plus entretenus aujourd’hui et menacent ruines, les plus récents affichent les 30 étages, comme l’hôtel Africa qui domine l’avenue Bourghiba.

A l’avenue Bourghiba ! Les « Champs Elysées » locaux. Cafés (souvent réservés aux hommes, mais moins qu’ailleurs), restaurants, magasins….Tout ça fréquenté par la bourgeoisie tunisoise. Les jeunes – et les moins jeunes – y déambulent et y palabrent en permanence.

La liberté de ton y est de rigueur, y compris pour les filles. Et il n’est pas rare de les voir en groupe, les unes voilées, les autres le nombril à l’air, mini jupe et talons de 15 centimètres. Mais se donnant la main et riant ensemble, image de la tolérance religieuse du pays.

La voiture y est reine – un peu trop – les embouteillages permanents et les klaxons tonitruants.

Et puis,  au bout de l’avenue, la médina. Et là, l’époque change. Une fois passées les deux rues aux boutiques réservées aux touristes, on pénètre dans la vraie médina, celle qui n’a pas changé depuis le XVème siècle, inscrite au patrimoine de l’Unesco. Maisons closes sur l’extérieur, petites boutiques, ateliers d’artisans, peu ou pas du tout de voitures dans les ruelles trop étroites… Un saut dans un autre temps. Certains secteurs commencent à être rénovés et c’est tant mieux. Mais beaucoup d’autres sont  dans un piètre état et il faudra du temps pour lui redonner un semblant de lustre. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’on n’éprouve aucune crainte en se promenant au hasard des rues. La sécurité y est totale, y compris la nuit. Et si on s’y perd, il y a toujours une bonne âme pour vous indiquer le chemin.

Sinon, le centre ville est cerné par des quartiers nouveaux dont la construction a commencé dans les années 60 ou 70, populaires ou nettement plus aisés,  habités essentiellement par des tunisiens pour les premiers, par la bourgeoisie tunisienne et des expatriés pour les les seconds.

Tout cela donne un mélange étonnant.